“Blind Guitars”, parfum sur mesure

Flacon du parfum sur mesure Blind Guitars posé près d'une guitare folk

Création d’un parfum sur mesure « Blind Guitars » pour Virgile Pilon, luthier et fondateur de la marque de guitares acoustiques Blind Guitars. 

J’ai eu l’immense bonheur de travailler pour Virgile Pilon à la réalisation de ce très singulier projet. Rencontre passionnée de deux artisanats d’art au service de la perfection.

Le parfum d’une guitare de collection, faite de bois rares dont certains sont millenaires, mis en flacon. 

Site web : www.blindguitars.com

SECTEUR
Lutherie
PROJET
Parfum sur mesure
ESSAIS PRÉSENTÉS

Trois

SUPPORT

Flacon glissé dans l’étui

VOLUME LIVRÉ
500 ml, cinq guitares

Le besoin de départ

Virgile Pilon est luthier à Anglet et fabrique des guitares folk acoustiques sous la marque Blind Guitars. Le projet ne part pas d'une envie de parfum, il part d'une perte.

Son fournisseur de bois lui propose une loupe trouvée dans le lit d'une rivière asséchée, aux États-Unis. La datation au carbone 14 situe le lot aux environs de deux mille ans, et le bois n'a pourtant pas fossilisé. Il y a là de quoi façonner cinq guitares, pas une de plus.

Virgile est tombé amoureux de l'odeur de cette essence. Le problème est qu'une fois le bois découpé puis verni, cette odeur disparaît. Définitivement, et c'est le mot qu'il emploie : c'était fini, on ne pouvait plus la sentir.

Sa demande tient donc en une phrase. Remettre dans chaque étui de guitare un flacon portant l'odeur du bois dont elle est faite.

L'accompagnement

Trois rendez-vous.

Le premier est le plus long, et il est consacré à écouter. J'ai fait sentir moins de matières que d'habitude, parce que la commande était d'une précision rare : il ne s'agissait pas de composer une odeur, il s'agissait d'en reconstituer une qui existait déjà et que personne ne pouvait plus sentir.

Le deuxième rendez-vous est celui des trois échantillons. Virgile en a retenu un, sans hésiter.

Le troisième est la fabrication et la livraison.

La méthode et les contraintes de ce projet

Un bois ne sent pas la même chose selon ce qu'on lui fait. Pour retrouver l'odeur, j'ai travaillé l'essence dans trois états : poncée, chauffée, mouillée. Chacun libère autre chose, et c'est en les comparant qu'on reconstitue ce que le nez de Virgile avait gardé en mémoire.

De là sont nés trois axes, trois directions distinctes, présentées ensemble. Le résultat se tient du côté du cèdre, très facetté, avec une note animale.

La contrainte, sur un parfum, est toujours la même et elle ne se négocie pas. Il faut laisser macérer plusieurs semaines, puis arrêter la macération au bon moment, avant la mise en flacon. Ce projet a demandé un peu plus de temps que les autres, parce que Virgile préparait en parallèle le concours du Meilleur Ouvrier de France sur ces mêmes guitares, destinées à des collectionneurs. Entre quatre et cinq mois du premier échange à la livraison.

Le résultat

Cinq cents millilitres de jus, et rien d'autre.

Virgile n'a pas commandé de flaconnage. Il a cherché et déniché lui-même de vieux flacons, à divers endroits, et il a procédé à la mise en flacon. Un flacon par guitare, glissé dans l'étui, pour que celui qui ouvre l'instrument retrouve l'odeur du bois avant même d'entendre la première note.

Il a adoré le parfum, ce qui se comprend : il était tombé amoureux de cette essence et il découvrait qu'elle pouvait tenir dans un flacon. Depuis, il parle d'en commander une version portable sur la peau.

Nathalie Durand sent une planche de bois au laboratoire pour reconstituer son odeur

Ce projet en résumé

Un luthier d'Anglet, une loupe de bois de deux mille ans trouvée dans une rivière asséchée, de quoi faire cinq guitares et une odeur que le vernis efface pour toujours.

Trois rendez-vous, le premier presque entièrement consacré à écouter, parce que la commande était une reconstitution et non une création.

Le bois travaillé poncé, chauffé puis mouillé, trois axes présentés, un retenu sans hésitation.

Quatre à cinq mois, le temps de la macération et celui d'un luthier qui préparait en même temps le concours du Meilleur Ouvrier de France.

Cinq cents millilitres livrés sans flaconnage, Virgile ayant chiné lui-même de vieux flacons, un par guitare, dans l'étui.

Foire aux questions

Oui, et c’est exactement ce projet. Un bois verni ne sent plus rien, mais la même essence travaillée poncée, chauffée et mouillée redonne ce qu’elle contient. On compare, on écarte, et on remonte vers l’odeur dont le client se souvient.

Trois. Je formule systématiquement trois directions différentes, toutes au service de la même intention. Le client en retient une.

Sur ce projet, entre quatre et cinq mois. L’essentiel de ce délai n’est pas la formulation : c’est la macération, qui prend plusieurs semaines et qu’il faut arrêter au bon moment.

Non. Sur ce projet, seul le jus a été commandé, cinq cents millilitres, et le luthier a choisi lui-même de vieux flacons chinés pour les remplir. Le conditionnement peut rester entre les mains du client quand il fait partie de l’objet.

Un autre projet d'identité olfactive en entreprise : « Bagflip ».

Vous avez un projet de ce type 

Une identité olfactive se construit à partir de ce que vous faites vivre à vos
clients, pas à partir d’un catalogue de senteurs. Le point de départ est toujours
une conversation.